500 ans après la chute de Mexico-Tenochtitlán : une perspective marxiste

Cette année marque le 500e anniversaire de la capture de Cuauhtémoc [le dernier souverain aztèque, NDT] le 13 août 1521 par les envahisseurs espagnols, un événement qui représente la chute de Mexico-Tenochtitlán. Cette chute a représenté une étape très importante dans le processus d’ascension du capitalisme et de sa domination mondiale. Elle a constitué l’un des points de départ de la mondialisation capitaliste. Et elle a représenté un choc entre deux modes de production : le capitalisme dans son premier stade de développement et le mode de production du monde méso-américain, avec ses propres particularités.

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Dans cet affrontement, les grandes civilisations du monde préhispanique ont été sacrifiées pour alimenter le système capitaliste naissant, la majorité de la population mourant des suites de la destruction de leur culture et des maladies importées. La demande du président mexicain, Lopez Obrador, au gouvernement espagnol de s’excuser pour le génocide a ouvert un débat sain sur diverses questions, notamment : la signification de la conquête, la manière de rendre justice aux peuples autochtones, le degré de liberté et d’indépendance du Mexique aujourd’hui, la manière de lutter contre l’impérialisme et comment il a été possible pour quelques centaines d’envahisseurs de renverser un empire qui régnait sur des millions de personnes. Dans cet article, nous entendons apporter une perspective marxiste sur les 500 ans de la chute de Tenochtitlán.

L’accumulation primitive du capital et la soif d’or

Au début – pendant les siècles de ce que l’on appelle la Renaissance, dans la période précédant l’effondrement des relations féodales dominantes – le capital était accumulé sous forme de capital commercial, principalement sous forme d’argent et de marchandises. Le développement du commerce a incité les Portugais à tenter de faire le tour de l’Afrique à la recherche d’une nouvelle route vers l’Orient. Mais la traite des esclaves, qui a accéléré l’accumulation capitaliste, était plus lucrative que l’ancien commerce avec les « Indes orientales ». Ce n’était qu’une question de temps avant que d’autres puissances, jalouses du succès des Portugais, ne tentent de trouver de nouvelles routes à travers l’Atlantique, réduisant la mer Méditerranée, principale scène du monde antique, à un peu plus qu’une pataugeoire en comparaison. Telles sont les causes de la « maladie » qui a frappé les conquérants européens, une « maladie » dont les anciennes civilisations ne souffraient pas et qui ne pouvait être soulagée que par la capture de l’or et des routes commerciales. Cette « maladie » – autrement connue sous le nom d’accumulation primitive du capital, le besoin fou d’argent – allait conduire les Européens à conquérir l’Afrique, l’Amérique, l’Asie et l’Océanie, réduisant en esclavage, pillant et détruisant les cultures autochtones. L’appétit des conquérants pour les métaux précieux s’est accru dans la même proportion que l’économie capitaliste naissante avait besoin de moyens d’échange et d’accumulation. Ce besoin frénétique était aussi puissant que le besoin d’héroïne d’un toxicomane incurable, mais avec des conséquences bien plus graves qu’une overdose. Le « premier monde » a été nourri par le sang, la sueur et les larmes du monde colonial. Comme Marx l’explique :

« La découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d’accumulation primitive qui signalent l’ère capitaliste à son aurore. Aussitôt après, éclate la guerre mercantile; elle a le globe entier pour théâtre. S’ouvrant par la révolte de la Hollande contre l’Espagne, elle prend des proportions gigantesques dans la croisade de l’Angleterre contre la Révolution française et se prolonge, jusqu’à nos jours, en expéditions de pirates, comme les fameuses guerres d’opium contre la Chine.

Cette étape de transition que nous connaissons sous le nom de Renaissance européenne a été exprimée à sa manière par des personnages tels que Christophe Colomb et Hernán Cortés. Le premier était un marchand et navigateur, libraire autodidacte et fasciné par les livres de voyage. Après avoir effectué un pèlerinage dans diverses cours européennes, il obtient un soutien limité du royaume de Castille pour trouver une nouvelle route vers l’est en naviguant sur l’Atlantique. Il se trompe dans ses calculs, estimant que la circonférence de la Terre ne représentait que 25% de sa taille réelle. Il s’agit de la plus grande erreur de calcul jamais enregistrée, qui promettait un voyage beaucoup plus court vers l’Extrême-Orient. La promesse de la gloire, l’achat de titres de noblesse et l’attrait de devenir un « roi des îles » l’ont poussé à voyager vers l’inconnu. C’était une combinaison curieuse, mêlant l’empressement d’un bourgeois à accumuler des richesses et le désir de les dépenser à la manière d’un seigneur féodal. L’empire espagnol lui-même ne savait pas comment utiliser l’or pillé comme capital. De grandes quantités ont été utilisées pour la construction d’églises et de temples. Cependant, l’afflux de ces énormes sommes de métaux précieux répondait bien aux besoins des autres puissances européennes dans leur marche vers le capitalisme.

Lorsque son rêve de marchandises de l’Orient et d’or en grande quantité ne s’est pas concrétisé, Christophe Colomb n’a pas hésité à réduire en esclavage les populations autochtones, les massacrant là où elles résistaient. Son refus d’accepter que les terres sur lesquelles il avait abouti n’étaient pas les côtes de la Chine, du Japon ou de l’Inde était simplement dû au fait qu’il devait prétendre avoir rempli les conditions de son contrat avec la couronne espagnole. Ce dernier stipulait que les avantages et les privilèges promis ne seraient accordés que s’il trouvait une nouvelle route vers l’Asie : « D’un côté des concessions pécuniaires et de l’autre des privilèges politiques de nature féodale indéniable[1]. » Sa compréhension du monde et de la navigation, dans laquelle il était autodidacte, se combinait à des croyances insensées dans les prophéties, la fin du monde et la prédestination céleste. Ces croyances sont typiques des jours les plus sombres de l’époque féodale – croyances qui se renforçaient au fur et à mesure que sa malchance s’aggravait.

Cortés, pour sa part, était un aventurier cruel et rusé qui, comme Colomb, recherchait la fortune, la gloire et le pouvoir. Il n’hésitait pas à tromper non seulement les étrangers, mais aussi son propre peuple. Son expédition à Mexico-Tenochtitlán, par exemple, était d’abord illégale car elle ne jouissait pas de l’autorisation du gouvernement cubain. Il a littéralement brûlé ses navires après le débarquement pour empêcher son armée de battre en retraite, et il n’a pas hésité à procéder aux pires massacres pour atteindre son rêve d’être vice-roi des terres qu’il avait conquises dans le sang et le feu. Les soldats espagnols qui envahissent l’Amérique n’ont pas grand-chose à perdre : certains des marins de Christophe Colomb sont des condamnés qui ont bénéficié d’une grâce royale pour faire le voyage jusqu’en Amérique. La plupart des troupes de Cortés, quant à elles, étaient composées de paysans pauvres – dont certains étaient des vétérans de guerre – dont la seule rémunération était la promesse de pillage et de butin. Les couches les plus lumpenisées et les plus aventureuses de la société espagnole formaient le fer de lance de la pénétration du capitalisme dans le Nouveau Monde.

Les fissures dans le règne des Mexica

Alors qu’une soif effrénée de trouver et de conquérir de nouvelles colonies s’emparait de l’Europe, les Mexica [le groupe dirigeant dominant à l’époque dans le centre du Mexique, NDT] – représentants des grandes civilisations méso-américaines – se basaient sur l’exploitation d’une pléthore de petites collectivités agraires. La propriété privée de la terre était pratiquement inconnue dans ces collectivités. Elles n’étaient unies que par le pouvoir central qui exigeait un tribut, en nature et sous forme de travail. Marx appelait ce mode de production particulier, qui existait également sous une forme ou une autre en Inde, en Égypte, en Chine et en Amérique du Sud antiques, le « mode de production asiatique » ou le « despotisme oriental ». Dans ce contexte, les querelles et les rivalités entre les différents peuples ne manquaient pas. Les alliances politiques se formaient et se défaisaient au gré des luttes pour le contrôle des collectivités exploitées, générant des divisions et des rivalités quasi irréconciliables.

À l’arrivée des Espagnols, il y avait environ un millier de seigneuries en Méso-Amérique, et les Mexica dominaient plusieurs centaines d’entre elles. En fait, ces rivalités et ces changements d’alliances politiques étaient la façon courante de faire de la politique dans le monde mésoaméricain. C’est par la guerre et la coercition que s’établissaient les engagements mutuels concernant la distribution des surplus et du travail produit par les villages.

Il est vrai qu’il existait des routes commerciales sur de longues distances et des marchés impressionnants dans les villes préhispaniques depuis l’époque préclassique [de 2500 ans av. J.-C. à 200 ans apr. J.-C., NDT], mais ce commerce restait limité et contrôlé par l’État, soumis aux besoins fiscaux de la caste dirigeante. Les collectivités villageoises étaient insulaires et produisaient principalement pour leur propre consommation. Il n’existait pas d’État-nation tel que nous le concevons aujourd’hui, mais de petites et grandes seigneuries qui étaient subordonnées à d’autres plus puissantes par la guerre. Ainsi, le système politique et économique méso-américain était un puzzle qui pouvait être brisé n’importe où, et le puissant État mexica était un géant aux pieds d’argile.

Ces fissures entre les morceaux du casse-tête politique de l’empire mexica sont utilisées de manière cynique et fourbe par les envahisseurs, qui ne sont que quelques centaines. Ils profitent d’une guerre civile pour imposer la domination coloniale de l’Europe en Amérique. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut comprendre comment un empire dont la capitale, Mexico-Tenochtitlán, comptait quelque 300 000 personnes et qui dominait un territoire de près de sept millions d’habitants, a pu être renversé par seulement 300 hommes dirigés par Hernán Cortés.

Les Espagnols ont profité de l’opposition de peuples tels que les Tlaxcalans, les Cholultecas et les Totonacas et les regroupent. L’utilisation d’armes en acier, de la cavalerie et de la poudre à canon – inconnue des peuples préhispaniques – a également joué un rôle important. « Les fusils, les microbes et l’acier » que les Espagnols ont apportés avec eux ont joué de manière décisive en leur faveur. Ces derniers avantages découlaient de la différence de niveau de développement historique entre l’« ancien » et le « nouveau » monde. Il s’agit d’une question intéressante liée à des facteurs matériels dépassant la volonté ou l’intelligence de ces peuples.

C’est la seule façon d’expliquer le fait que des envahisseurs comme Pizarro aient pu appliquer la même stratégie à la civilisation inca et obtenir les mêmes résultats. Durant son premier siècle, l’administration coloniale reposait sur le même système tributaire que celui des Mexica, sauf que les envahisseurs occupaient la place des Tlatoanis. Les pires éléments de l’ancien système se sont combinés à l’humiliation de la destruction de la culture du peuple conquis, le tout menant à une véritable catastrophe sociale : entre 1519 et 1607, la population a diminué de 95%. La conquête espagnole a été une guerre civile. Bien qu’elle ait apporté l’espoir d’une libération à certains des peuples assujettis, ces espoirs ont été rapidement anéantis et remplacés par la pire catastrophe imaginable pour la grande majorité des Autochtones. L’oppression et l’humiliation que les conquérants ont apportées dans leur sillage persistent encore aujourd’hui à des degrés divers.

Les envahisseurs ne veulent pas de tribut

L’empereur Moctezuma croyait à tort que les envahisseurs espagnols pouvaient être apaisés par des cadeaux. Il les a reçus avec gentillesse et courtoisie. Les tributs étaient, après tout, l’une des raisons pour lesquelles les Mexica eux-mêmes faisaient la guerre. Ne pourrait-on pas éviter un autre massacre comme celui de Cholula en parvenant à un accord à l’amiable d’une relation tributaire avec les hommes de Castille? Mais la seule chose que les cadeaux de Moctezuma ont fait, c’est de stimuler le désir de conquête des envahisseurs. Ils ne voulaient pas de tributs ponctuels, mais pouvoir piller un maximum d’or et de richesses. Nous voyons ici l’expression de différences fondamentales entre deux modes de production et deux points de vue très différents : les Mexica s’appropriaient les valeurs d’usage et le travail pour les travaux d’État; les envahisseurs espagnols étaient aveuglés par la recherche sans fin de l’or, dans le cadre de l’accumulation primitive du capital.

Cette différence se traduisait également d’une autre manière : les Espagnols n’avaient aucun scrupule à mener une guerre d’extermination si elle les aidait à atteindre leurs objectifs immédiats. Les peuples préhispaniques ne faisaient la guerre que pour imposer des tributs et obtenir des captifs à sacrifier. Pour eux, la façon espagnole de faire la guerre était barbare. Ces remarques n’ont pas pour but d’idéaliser le style de guerre des Mexica. Nous ne faisons qu’affirmer que chaque stratégie différente en matière de guerre exprimait simplement la logique de cultures très différentes qui, en fin de compte, étaient enracinées dans des bases matérielles très différentes.

Bien que les Espagnols aient été reçus comme des invités de marque, ils n’ont pas hésité à faire prisonnier l’empereur Mexica dans son propre palais. Plus tard, ils profiteront même d’une cérémonie religieuse solennelle et importante, la fête de Tozcatl dans le Grand Temple, pour perpétrer un horrible massacre dans lequel même les femmes et les enfants ne sont pas épargnés. Tout cela n’était qu’un moyen de piller les richesses du Grand Temple. Ils avaient déjà perpétré un massacre « préventif » à Cholula où, en l’espace de six heures, les troupes de Cortés avaient assassiné quelque 5000 Cholultecas. Bartolomé de las Casas a laissé un témoignage écrit de l’horrible massacre du Grand Temple :

« Aussitôt, tous [les Espagnols] poignardent, transpercent les gens et les tailladent, ils les blessent avec des épées. Certains ont été attaqués par derrière ; aussitôt, leurs entrailles tombent sur le sol, éparpillées. D’autres ont eu la tête déchiquetée : leur tête a été tranchée, leur tête est restée en lambeaux[2]. »

Les Mexica n’utilisaient pas l’or comme monnaie mais comme produit de luxe pour fabriquer des objets manufacturés. C’est-à-dire qu’il était utilisé pour fabriquer des valeurs d’usage pour la caste dirigeante. Apparemment, l’or n’était même pas le produit de luxe le plus précieux. Témoignant du manque de développement des relations commerciales, les couvertures en coton, le cacao et même les esclaves étaient utilisés comme monnaie.

Afin de piller le métal précieux et de l’utiliser à la manière européenne traditionnelle, d’innombrables œuvres d’art en or ont été fondues en d’affreux lingots. Des œuvres d’art irremplaçables furent perdues à jamais. En fait, lors de la défaite connue sous le nom de « La noche triste », de nombreux envahisseurs sont morts parce que, alourdis par de lourdes armures remplies d’or fondu, ils se sont noyés dans les eaux du lac Texcoco, à l’instar de l’ambitieux Gollum qui préfère mourir dans la lave de la montagne du Destin plutôt que de renoncer à son précieux anneau.

Après que Moctezuma ait été tué en tentant de contenir la population de Tenochtitlán après le massacre du Grand Temple, et après l’expulsion des Espagnols de la ville, Cuauhtémoc a assumé le commandement militaire d’une ville assiégée par les Espagnols et leurs alliés, et ravagée par les affres de la variole. Après avoir été capturé, Cuauhtémoc a été torturé pour qu’il livre l’or restant – ses pieds ont été trempés dans l’huile et enflammés.

Quatre ans plus tard, lors d’une expédition au Honduras, Cortés fit pendre Cuauhtémoc, qu’il avait fait prisonnier lors de cette expédition, et l’enterra dans une tombe non marquée. Les Autochtones ont été contraints de détruire leur ville grandiose et leurs grands palais pour récupérer la pierre nécessaire pour construire les églises qui serviront à les soumettre idéologiquement. En effet, certains des prêtres Mexica survivants ont dit aux douze franciscains arrivés en 1524 : « Mourons maintenant, périssons maintenant, puisque nos dieux sont déjà morts![3]. »

L’émancipation des peuples autochtones

Dans une lettre adressée au gouvernement et au roi d’Espagne, le président mexicain López Obrador a récemment demandé des excuses officielles pour le génocide lié à la conquête de Mexico-Tenochtitlán. Ce geste symbolique d’un président de gauche réformiste contraste fortement avec les positions lâches et serviles adoptées par les gouvernements précédents. La requête, qui a été rejetée par le gouvernement espagnol, a mis en évidence l’hypocrisie de la classe dirigeante espagnole, qui est intrinsèquement colonialiste, raciste et qui méprise les cultures des peuples originaires des Amériques. En ce sens, il est sans aucun doute positif que le président du Mexique ait ouvert un débat sur la signification des conquêtes et sur la manière de rendre justice aux peuples autochtones qui continuent à souffrir de l’oppression résultant de cette conquête. Cependant, en tant que marxistes, nous comprenons que la conquête et le génocide sont le résultat de la naissance du capitalisme, et que l’impérialisme capitaliste qui a hérité de ces conquêtes coloniales ne cessera pas d’exister tant que le système capitaliste lui-même existera.

Ce que les marxistes cherchent, ce ne sont pas des excuses de la part des gouvernements représentant le capital, mais leur renversement par des moyens révolutionnaires. Nous comprenons que ce n’est qu’une fois le pouvoir du capital renversé que l’impérialisme et le système colonial qu’il engendre cesseront d’exister.

Il est vrai que « l’encomienda » et le « repartimiento » [les systèmes quasi-seigneuriaux imposés aux Autochtones par l’Empire espagnol, NDT] avec lesquels la colonie espagnole opprimait les peuples autochtones n’existent plus. Mais le capitalisme domine le Mexique de manière plus complète et absolue qu’à l’époque coloniale, par le biais du marché mondial, de la puissance économique et militaire des grandes puissances dont la bourgeoisie mexicaine n’est qu’une faible branche. Les peuples autochtones subissent cette oppression en tant que travailleurs, en tant que paysans et en tant que groupes autochtones sur le plan économique et racial.

Dans une lettre à la révolutionnaire russe Vera Zasulich, Marx affirmait que les traditions collectivistes des communautés paysannes pouvaient être exploitées pour régénérer la vie de la Russie dans un sens communiste, mais seulement à condition que ces communautés soient attirées par une puissante révolution socialiste. Le marxiste péruvien José Carlos Mariátegui, dans la même ligne, a soutenu que la tendance à la coopération dans les communautés autochtones était un point d’appui pour le mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière. Il affirmait que ni le mysticisme autochtone – qui idéalise les Autochtones ou qui promeut l’autonomie sans renverser le capitalisme – ni le paternalisme bourgeois – qui prétend intégrer les Autochtones avec « bienveillance » au système capitaliste – ne constituent une solution. Seule la révolution socialiste peut fournir la base matérielle de l’émancipation des peuples autochtones en les libérant des propriétaires terriens, des grandes entreprises et du commerce qui détruisent leurs communautés.


Notes

[1] Fernández Armesto, Felipe; Cristobal Colón, Madrid, Editorial Crítica, 1991, p. 108.

[2] Cité dans : León Portilla, Miguel; El reverso de la conquista, México, Joaquín Mortiz, 1964, p. 40.

[3] Ibid., p.21.